« Un homme à la mesure des choses » de Caroline Chauvet

dans le journal « La Montagne » - 2010

Ses peintures et dessins, sont le fruit d'un long travail quotidien, d'esquisses innombrables, de retouches subtiles, pour parvenir enfin à un équilibre entre le naturalisme qu'il revendique et l'intention globale de l'oeuvre.

Pierre Eychart est un peintre de la contemplation de la vie. Il lui faut du temps, une précise étude des choses et des gens pour tenter d'en capter l'impression et immortaliser celle-ci sur la toile. On l'imagine bien, tel un Renoir contemporain, devant son chevalet, pinceau à la main, corrigeant les touches de couleur.

Les tableaux de Pierre Eychart n'attireront peut-être pas les adeptes de l'art conceptuel. Lui-même est hostile au pur formalisme, à une recherche sur la seule esthétique. L'esthétique fige la réalité dans une forme, sans fond, qui reste figée et ne vieillit pas » analyse-t-il. Pierre Eychart est critique envers ces reflets de la société actuelle. Ses tableaux rappellent qu'il existe une nature et une humanité plus profondes, plus vraies, plus vivantes aussi. Loin de se revendiquer d'une pure objectivité, il se veut un peintre expressif. Ses oeuvres nous touchent , on sent « l'intensité du vécu intérieur », commente Marie, venue admirer l'exposition. Des toiles de l'artiste transparaît souvent une certaine force cependant exprimée dans l'éclat, à l'image de ces paysages auvergnats qu'il affectionne particulièrement.

 

Authenticité

Se revendiquant lui-même « Auvergnat de coeur », il parvient à trouver en cette région encore en partie rurale une certaine «  vérité sociétale  et naturelle ». Il a retrouvé cette même authenticité lors de son séjour en Espagne près de Madrid mais aussi dans certains bistrots, des rues, des paysages  urbains..

On remarque nettement dans la peinture de Pierre Eychart  l'assimilation des personnages et de leur environnement. Ceux-ci ont l'air grave: « le sourire est ambigu » répond-il. Même dans ses paysages ou ses natures mortes, la réflexion sur l'homme est toujours centrale. Un sentiment de solitude, de lenteur, mais aussi de puissance et de vie se dégage. Pierre Eychart se laisse imprégner des lieux où il vit, il lui faut du temps pour cela, « au moins deux ans ». Mais il n'est pas de ceux qui s'essoufflent à la course contre celui-ci.

Caroline Chauvet